Enchaînement de 3 grandes voies au rocher de St Barthélémy

Date: 
Samedi, 23 Décembre, 2017 - 15:30
Je connaissais Christian bien sur, pour l'avoir souvent croisé aux évènements du club, et à une sortie grimpe à La Turbie, mais point de sortie en montagne ou en grande voie, et pour faire vraiment connaissance je savais qu'il fallait que je passe par l'épreuve initiatique bien connue au GMA sous le nom de Polasserie..
Quand Christian me propose cet enchainement inédit et original, je me dis que l'heure est venue !
L'idée c'est d'enchainer 3 grandes voies: au rocher de St Barthélémy (arête de la fenêtre), au contrefort du Pilon (pilier du feu sacré), et pour finir au sommet du St pilon à 442m d'altitude. Pour moi qui suis devenu frileux des mains, quitte à faire une hivernale autant que ce soit au niveau de la mer !
Les modalités sont clairement énoncées: départ matinal pour attaquer à l'aube, et retour prévu à la frontale, il est vrai qu'en choisissant le jour le plus court de l'année nous mettons toutes les chances de notre côté.
Nous trouvons quelques indications sur les deux premières voies (souvent fantaisistes) et pour la troisième ce sera de l'exploration.
 
Nous attaquons comme prévu avec un magnifique lever de soleil, la marche d'approche est ultra courte et la bonne surprise du jour et qu'il fait doux, nous n'avons même pas froid au mains.
Partis avec le topo de l'arête Est, nous nous chargeons de 2 gros friends (#4 et #5) pour la cheminée en 6a+ que nous ne trouvons pas, car l'intuition nous a mené vers la voie de la fenêtre qui comme son homonyme du Grand Cayre de la Madone franchit une brèche par un bloc coincé. c'est nettement plus facile (4) et plus dans la logique de notre virée. Quand aux gros friends, on les aura promenés, et on les planque à la descente du rocher St Barthélémy. Au final c'est une belle voie d'initiation, pas toujours facile à protéger, mais il y a quelques pitons là où il faut.
Avec 3 belles longueurs et une arête finale en corde tendue, nous sommes rapidement au sommet, la descente est commode grâce aux marches taillées et vers 10h nous sommes sur la piste, prêts à enchainer avec le pilier du feu sacré.
L'attaque du pilier n'est pas très évidente à trouver, après un aller-retour sur un pilier péteux, nous trouvons le bon départ et les huit longueurs plus un petit rappel s'enchainent bien, l'itinéraire est évident, et ça se protège bien. Là encore la descente est commode avec un petit rappel et de la désescalade facile et vers 13h nous cassons la croûte au soleil.
La dernière marche d'approche dans des pierriers instables nous amène rapidement au pied du St Pilon. Nous tombons vite d'accord sur un parcours possible. L'attaque est bien défendue par la végétation et le rocher est bien pourri, nous nous hissons difficilement au pied d'un arbre qui semble constituer un bon relais de départ. Le départ n'est pas engageant avec un empilement de blocs instables, mais Christian est dans son élément. Le relais est exigu, il est bien placé pour partir, ça tombe bien je ne vais pas lui disputer l'honneur et l'avantage de prendre la tête :)
A ce moment, le soleil est déjà haut, on rentre dans le dur de la Polasserie, je nous imagine déjà errer de nuit dans la paroi à la frontale, j'ai encore de l'eau, de la nourriture, ma doudoune, je suis prêt pour le bivouac.
Les premiers mètres improtégeables sont gravis prudemment, ensuite c'est moins raide, ça déroule et se protège bien. Christian arrive au sommet d'un éperon où il pourrait faire relais, il reste encore pas mal de corde (je lui dis plus de 30m, mais en fait je n'ai pas vu passer le milieu). Ensuite il disparait de mon champ de vision (et d'audition), et continue de grimper. Comprenant que nous ne pourrons plus communiquer, je me prépare à partir en bout de corde. Tant que la corde continue à filer, Christian grimpe sans se douter que je le suis depuis déjà un moment, de mon côté je crois qu'il continue volontairement faute de trouver un bon relais et je prend ça comme une marque de confiance en son second.
Au final pas de temps perdu à bricoler un relais douteux, la méthode est redoutablement efficace et les 90m de face (à vue de pif) sont avalés prestement, nous sommes à 15h au sommet, au grand étonnement de Christian (je crois même avoir décelé une pointe de déception bien qu'il s'en défende). Je connais la descente pour l'avoir fait en rando un an plus tôt, le temps de profiter des couleurs du soir, en une petite heure nous sommes à la voiture, puis au bar à Théoule.
Et pour ne pas passer pour des cornichons (private joke GMiste), voici qq photos:
 
A bientôt pour de nouvelles aventures, et bonnes fêtes à tous.
Pierre